Week end à Sète, la mer est toujours aussi belle. Le capitaine et son moussaillon sont partis poncer la coque du bateau, en fait j’adore ces moments solitaires passés entourée par le ciel et la mer.
Ou comment le déplacement engendre la sérénité, la réflexion. En fait, c’est sortir du quotidien, sans contrainte aucune, qui me permet de me retrouver seule avec moi-même. La notion du temps qui passe se modifie et mes pensées peuvent errer au gré de mes envies.
Je devrais peut-être faire le pas et m’isoler plus souvent de la vie à deux, de mon environnement habituel. L’aliénation liée à la famille, au boulot, aux interactions importunes ont toujours été compliquées pour moi. Je me suis souvent demandé si les choix qui que j’ai faits été ceux qui me permettraient de me réaliser.
L’amour du capitaine, aussi gratifiant qu’il soit, m’apparaît parfois pesant. Comment rester soi-même, comment ne pas toujours être dans le désir de l’autre et parvenir à s’octroyer des instants de vie avec soi-même.
Je pensais à Sergueï et me disais que j’ai la chance d’avoir un espace de vie spacieux, la vie de famille dans un espace restreint aurait été impossible pour moi. Je me dis aussi que la vie à la campagne était le moyen d’éviter ça mais le vide intellectuel de la campagne est finalement un prix assez élevé.
Aucun rapport mais les élections se sont tenues hier et je lis tous ces commentaires étonnés « le choc », la même une pour l’Huma et le Figaro et tout le monde semble tomber des nues quand depuis des mois on nous bassine avec cette crainte de la montée du FN. Comme si collectivement on était encore moins lucides et honnêtes avec soi-même qu’individuellement. Aucune voix ne s’élève pour dénoncer ce foutage de gueule permanent.
Le seul truc qui m’attriste vraiment c’est probablement que ceux qui ont vingt ans aujourd’hui ne goûteront pas à l’insouciance comme j’ai pu le faire, en se disant que tout est permis, tout est possible, que se tromper n’entache pas l’avenir, que les mauvais choix n’engagent pas pour toujours. Que la vie qu’on leur propose n’est pas enthousiasmante dans son ensemble et qu’il leur faudra chercher en eux des ressources pour faire naître le désir de demain et qu’ils seront doute de moins en moins nombreux à en avoir les moyens.
Je suis un peu en colère aujourd’hui et cet étonnement (ce CHOC) exprimé me laisse penser que ça ne changera effectivement jamais, le pouvoir est bien plus au centre de tout que l’intérêt collectif, ça fait chier.
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