Jules a l’air épanoui, ouvert, dans le désir et dans la vie. Je suis fière qu’il soit mon enfant. Cet amour, tellement douloureux, complexe et envahissant qui nous unit depuis toujours semble enfin trouver un chemin plus serein, une justesse. Parfois je remonte le temps et je me demande comment j’ai pu me laisser habiter par tant d’amour pour cet enfant qui fut longtemps source de tant de souffrance, de peurs, de violence. Une violence dont l’intensité paraissait sans limite, comme ses peurs, comme son amour, comme son mal-être, comme sa richesse.
Etranges histoires que celles de ma filiation et celle de ma maternité. Comme si pour dépasser mes angoisses, mes appréhensions, mes manques et ma souffrance d’enfant, mon vécu en quelque sorte, il m’avait fallu faire face à une épreuve qui ne me laissait pas d’autre choix que laisser de côté ma vie d’enfant pour affronter ma vie d’adulte. Imaginer des repères, qui seraient miens, me construire.
Finalement, malgré le chemin souvent éprouvant, malgré la difficile adaptabilité de Jules à la vie qu’on lui propose, c’est très certainement lui qui m’a le plus appris sur moi-même, qui m’a fait grandir, qui m’a aidée à me construire, à trouver mon chemin, une certaine harmonie, qui m’a rendue vraiment vivante.
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