Mon esprit vagabonde, chaque jour davantage. Des questions sur mon identité et d’où elle vient font naître en moi la nécessité d’une réflexion sans fin pour tenter de trouver des réponses.
C’est comme si la solitude me couvait, et dans ce nid, j’ai le sentiment que je pourrai passer ma vie à penser. Les journées passent trop vite, souvent le soir est déjà là et je n’ai pas vu le temps passer, je dois me faire violence pour accepter de m’endormir et mettre ma pensée sur pause et ne pas passer la nuit éveillée.
Penser les choses de la vie, encore et toujours. Chercher des raisons à ses actes et ne pas savoir les trouver. L’apaisement pointe son nez chaque jour un peu plus. La douleur s’en va-t-elle ? Est-ce juste le fait de l’apprivoiser ou d’apprendre à vivre avec ?
Peut-être s’est-elle simplement fait la malle. L’orgueil a fait son chemin et finalement je m’aperçois que l’harmonie est au rendez-vous. Ne plus avoir besoin de remplir ma vie de choses insignifiantes, arriver à faire ses choix simplement et les assumer avec fierté.
Ma vie se révèle à moi, enfin avec honnêteté et vérité. Je crois que j’ai cessé de me mentir, il m’a fallu du temps. Je n’en suis pas fière mais j’avance chaque jour un peu plus, comme si ma vie m’appartenait à nouveau.
Qu’en-est il de l’amour ? De toutes ces années partagées qui semblent si vides de sens.
Je réalise que je me suis trompée en me mentant à moi-même. Que serais-je aujourd’hui si j’avais fait preuve de courage ? Que seraient les garçons, seraient-ils différents ?
Victor me ressemble, je le sais, je me revois parfois à son âge et j’en ris. Il m’énerve autant que j’ai pu énerver les adultes d’alors et je sais que ça m’était indifférent, voire ça me réjouissait de revendiquer qui j’étais sans le souci de plaire ou de déplaire. Je mesure aujourd’hui combien c’était futile et pourtant essentiel. Jules ne cesse de me surprendre par sa clairvoyance, son honnêteté sur qui il est. Il ne ment jamais, quelque soit le prix qu’il paye. C’est certainement la personne la plus courageuse que je connaisse. Quelle est ma part de responsabilité là-dedans ? Probablement infime, il est né anormalement clairvoyant, je l’ai su très vite. Extralucide.
Pour la première fois Victor m’a dit que son frère était différent, qu’il l’avait toujours été. Je crois qu’il admire en lui cette capacité à vivre comme il l’entend sans compromis. Il l’admire et s’en agace à la fois.
Qu’auraient-ils été si j’avais choisi un autre homme pour être leur père ? Je ne le saurai jamais évidemment et bien sûr nos personnalités respectives et notre relation a participé à les dessiner, l’un comme l’autre.
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