« C’est une drôle de chose que la vie – ce mystérieux arrangement d’une logique sans merci pour un dessein futile. Le plus qu’on puisse en espérer, c’est quelque connaissance de soi-même – qui arrive trop tard – une moisson de regrets inextinguibles.« 

Joseph Conrad

Ce moi imparfait

Je ne suis pas réticente à vérifier ce que j’ai dit ou pas, j’ai en revanche accepté ce moi imparfait dont il est question, il me rassure, je me sens bien dans ses bras. Cette acceptation a permis à la tolérance de se frayer un chemin en moi, elle a amené plus de douceur dans ma vie, moins de colère et probablement au bout du compte m’a guidée vers une certaine harmonie.

Parlons des vieux souvenirs. La mesure de l’intérêt que je peux susciter chez l’autre n’est en rien liée aux trucs qui m’arrivent. En revanche,les trucs m’arrivent me permettent de bouger, de me révéler à moi-même, de faire plus ample connaissance avec mon intérieur. Ils ne sont que des évènements extérieurs que je ne peux pas fuir, que je ne peux pas laisser de côté. Ma pensée d’aujourd’hui est bien évidemment la synthèse de tout ce que j’ai été jusque là mais aussi de tout ce qui m’a confrontée à moi-même. Je suis super-perméable à l’extérieur, un peu comme si une six-voies venait de l’extérieur et que le retour passait par un chemin communal.

Je n’ai pas le sentiment de retenir les souvenirs comme Arpagon (nom formé sur le verbe grec « arpazein », s’appliquant à un oiseau de proie qui tient dans ses serres sa victime), un avare chez qui la captation s’allie à la lésine. Simplement parfois ils surgissent et je ne les repousse pas.

L’orgueil pour moi résiderait dans le fait de nier tout ce qui a influé, construit et parfois déterminé ma pensée d’aujourd’hui. Je pense évoluer délicatement, bercée par les évènements alliés à mes faux-pas, à mes jugements infondés, à mes imperfections. Me trouver mauvaise m’aide à bouger. Je n’ai pas le sentiment de fuir devant mes propres traces, bien au contraire. J’accepte leur médiocrité, je me réjouis de leur justesse, c’est comme dans la salade mélangée que j’aime tant.

Je n’ai pas le désir ou l’orgueil du combattant, je n’ai que celui du jeu, qui serait léger et profond à la fois, qui ferait naître en moi des pensées qui me surprendraient, qui m’apprendraient la fierté et l’humilité et qui m’ouvriraient des horizons. J’aimerais de la douceur et de la tendresse.

Je me présente semi-grabataire. La belle affaire, devrais-je aussi ne pas dire que mon corps quotidien m’envahit, que la fatigue est une souffrance, fait parfois mourir le désir…….

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