« C’est une drôle de chose que la vie – ce mystérieux arrangement d’une logique sans merci pour un dessein futile. Le plus qu’on puisse en espérer, c’est quelque connaissance de soi-même – qui arrive trop tard – une moisson de regrets inextinguibles.« 

Joseph Conrad

La rencontre

Les relations sont heureuses ou malheureuses, simples ou compliquées indépendamment de l’esprit de gravité ou de frivolité qui préside à leur naissance. Il me semble qu’en mettant le désir au cœur du sujet, je rencontre des personnes plus respectueuses. Paradoxe ? Peut-être pas.

Inventer une relation avec la personne qui me plait. Inventer, trouver, construire ce qui peut se vivre ensemble.

Une rencontre est un élément contingent, hasardeux dans l’existence. Quelque chose qui vous arrive que rien dans les repères que vous aviez dans le monde ne rendait nécessaire, ou probable. Vous rencontrez quelqu’un que vous ne connaissez pas et qui cependant vous frappe, vous attire, entre dans votre vie. Une rencontre véritable assure toujours l’idée d’être le début d’une possible aventure. On ne peut réclamer un contrat d’assurance avec celui qui a été rencontré. Puisque la rencontre est un élément incalculable, si on tente de réduire cette insécurité, on supprime la rencontre elle-même, c’est-à-dire l’acceptation que quelqu’un entre dans votre vie et quelqu’un au complet. C’est justement ce qui distingue la rencontre du libertinage.

L’improbabilité la distingue d’une expérience ordinaire. Lorsque la rencontre arrive il y a un phénomène d’attirance ou de répulsion, parfois les deux se mêlent – pour ce qui vient perturber le rythme de votre existence.

L’expérience, elle, peut parfaitement s’intégrer dans les activités du quotidien tandis que la rencontre est un commencement. Mais le commencement de quoi ? C’est là précisément que l’on entre dans l’acceptation, accepter ou refuser ce qui nous arrive ?

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