« C’est une drôle de chose que la vie – ce mystérieux arrangement d’une logique sans merci pour un dessein futile. Le plus qu’on puisse en espérer, c’est quelque connaissance de soi-même – qui arrive trop tard – une moisson de regrets inextinguibles.« 

Joseph Conrad

Les frontières

Pourquoi ça ne passe pas ? Pourquoi suis-je submergée de la sorte alors que je sais que ce chemin est destructeur ? Arriverai-je un jour à apprivoiser mes doutes ? Je suis seule face à moi-même avec en même temps l’envie d’être soulagée par l’autre et celle de m’isoler en moi-même. Le schéma semble se reproduire à l’infini, de manière inéluctable.

Paradoxalement exprimer ce que je ressens est plus facile que taire les choses. Même si c’est évidemment regarder ma fragilité en face. C’est la manière de m’y confronter avec loyauté et justesse. La douleur est moindre.

Ne pas renoncer à être qui je suis, sans doute parfois au prix de déplaire, de n’être plus aimée. Quelle vérité que d’être aimée pour celui ou celle que l’on n’est pas ?

Ce qui compte c’est la frontière, pas là où elle est placée. Certaines frontières sont intangibles, d’autres sont totalitaires, je préfère celles qui sont hybrides et confuses.

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